Epidemics that didn't happen
Comment le Gabon a enrayé une épidémie de mpox sans aucun décès
Au cœur d'une urgence de santé publique en Afrique, les autorités sanitaires gabonaises ont rapidement mis fin à une épidémie de mpox, atteignant la cible 7‑1‑7 avec seulement deux cas confirmés et aucun décès à déplorer.
Cette étude de cas a été développée en partenariat avec le Laboratoire National de Santé Publique
À propos du mpox
Le Mpox est une maladie qui s'est initialement propagée des animaux aux humains. Elle provoque des lésions cutanées douloureuses, de la fièvre et des douleurs musculaires. Elle se transmet entre humains par contact intime ou sexuel impliquant des fluides corporels ou des lésions. L'exposition à des surfaces contaminées par le virus peut également contribuer aux infections.

Depuis janvier 2022, 30 pays africains ont signalé des cas de mpox à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et sont en état d'alerte élevée pour détecter et réagir rapidement aux nouveaux cas depuis 2024. En août 2024, l'OMS et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies ont déclaré le mpox une urgence de santé publique majeure de portée internationale. Les raisons de rester vigilant ne manquent pas : sur les douze mois allant de juin 2024 à juin 2025, 26 pays ont signalé 37 656 cas confirmés, dont 131 décès.
Ce qui s'est passé
Le 17 août 2024, un homme résidant à Libreville, au Gabon, a présenté des symptômes évocateurs du mpox une semaine après son retour d'une mission religieuse en Ouganda, pays où une épidémie de mpox était alors en cours. Il a consulté le 20 août dans un hôpital militaire de la ville. Déjà en état d'alerte en raison des importantes épidémies sévissant dans les pays voisins et d'une efficace campagne nationale de sensibilisation, les médecins ont rapidement identifié ses symptômes, l'ont mis en isolement et ont sollicité une expertise ainsi que des analyses. Dès le lendemain, les résultats confirmaient leurs soupçons. Trois jours plus tard, l'épouse du patient développait à son tour des lésions cutanées, de la fièvre et une éruption ; elle a été confirmée comme deuxième cas le 23 août.
« Des informations sur le mpox circulaient à la télévision et à la radio dans tout le Gabon. Dès que cet homme s'est senti mal et a remarqué qu'il avait des éruptions, il s'est rendu à l'hôpital militaire », a déclaré le Professeur Joël Fleury Djoba Siawaya, directeur du laboratoire national de santé publique du Gabon. « Le fait que nous anticipions l'arrivée de cas de mpox nous a permis de confirmer le cas suspect et de réagir rapidement. »
Le fait que nous ayons anticipé des cas de mpox nous a permis de confirmer le cas suspect et de réagir rapidement.
Professeur Joël Fleury Djoba Siawaya, directeur du Laboratoire National de Santé Publique du Gabon.
La Réponse
Chronologie
Objectif : 7 jours
3 jours
Émergence
Détection
Objectif : 1 jour
< 1 jour
Notification
Objectif : 7 jours
4 jours
Réponse
Les médecins de l'hôpital ont contacté le laboratoire national de santé publique, qui a rapidement dépêché une équipe pour prélever des échantillons. Le laboratoire a confirmé le cas en moins de 24 heures, déclenchant une réponse à l'échelle nationale : le 22 août, le Comité opérationnel de réponse aux épidémies était activé. Au Gabon, les dispositifs d'urgence sanitaire associent toujours une unité conjointe composée des secteurs de santé civil et militaire. Pour cette intervention, le Comité a réuni des responsables issus de la santé publique, de la santé animale, de l'armée, des finances et d'autres secteurs, afin de coordonner la surveillance, la communication sur les risques et la mobilisation communautaire. Dès que l'hôpital a donné l'alerte, ces unités se sont mises en mouvement, illustrant de façon concrète la puissance d'une réponse multisectorielle.
L'unité chargée de la communication et de la mobilisation communautaire a utilisé la télévision et la radio pour intensifier les messages de santé publique sur le mpox. À l'aéroport de Libreville, principal point d'entrée pour les voyageurs en provenance de pays touchés, l'équipe a commencé à dépister les voyageurs de retour présentant des symptômes et à distribuer des affiches d'information. Parallèlement, l'équipe du laboratoire a entamé des échanges avec l'Institut d'épidémiologie et de lutte contre les endémies (IELE), l'agence gabonaise de santé publique chargée de la surveillance des maladies.
« Une fois le cas confirmé, l'IELE a pris les choses en main immédiatement », a indiqué le Professeur Djoba Siawaya. « Ils ont retracé les déplacements de l'homme et contacté ses proches. Nous avons observé et testé les cas suspects, les avons suivis pour voir s'ils développaient la maladie et leur avons demandé de s'isoler à domicile jusqu'à confirmation du diagnostic. Cela nous a permis d'éviter que d'autres personnes soient contaminées. » L'IELE a également mobilisé des organisations de santé vétérinaire et humaine, des groupes de santé environnementale et des organisations non gouvernementales afin de coordonner une réponse plus large.
Au total, 24 cas suspects ont été recensés — dont l'enfant du couple — dans cinq des neuf provinces du Gabon. Tous ont été testés, mais seuls le premier homme identifié et son épouse ont été confirmés positifs. La réponse globale du Gabon s'est révélée efficace, démarquant le pays des nations voisines qui peinent à contenir le mpox.
Les autorités de santé publique se préparaient à d'éventuels cas de mpox depuis 2021, année où la maladie a été signalée pour la première fois dans la région. Ces préparatifs comprenaient une campagne nationale de sensibilisation télévisée, des émissions radiophoniques éducatives et une présence sur les réseaux sociaux, destinées à alerter le public et les professionnels de santé sur les symptômes à surveiller.
La réponse n'a pas été sans difficultés. Le manque de personnel de santé a compliqué l'accès à certaines communautés. Des pénuries de kits de dépistage et de fournitures essentielles ont également été constatées. De plus, une partie de la population hésitait à signaler des cas suspects, craignant des confinements à la manière de ceux imposés durant la COVID-19. Malgré tout, le Gabon a su réagir efficacement face au mpox en adaptant les plans existants — élaborés lors de la pandémie de COVID-19 et d'une épidémie de Marburg en 2023 en Guinée équatoriale voisine — au contexte de cette nouvelle flambée. Le Dr Raymond Ondzigue, directeur adjoint de l'IELE, a souligné que les équipes de réponse constituées lors de ces crises étaient prêtes, et le demeurent, à intervenir très rapidement.
Les autorités gabonaises ont utilisé la cible 7‑1‑7 pour évaluer rétrospectivement leur réponse à l'épidémie de mpox. L'équipe a détecté le cas en quatre jours, l'a déclaré en moins d'un jour et achevé les premières actions de réponse en cinq jours — dépassant ainsi la cible. Le Dr Ondzigue a précisé que le pays s'intéressait déjà au 7‑1‑7 avant l'épidémie et que le Gabon prévoit désormais d'adopter officiellement cette cibleà l'échelle nationale.
« Les épidémies sont une préoccupation permanente au Gabon », a déclaré Ondzigue. « Avoir appliqué pour la première fois la cible 7‑1‑7 pour évaluer la réponse à l'épidémie de mpox de 2024 nous a permis d'être plus réactifs — au point que nous prévoyons de l'adopter officiellement à l'échelle nationale. L'adoption régionale de la cible 7‑1‑7 pourrait également se révéler très utile pour enrayer de futures épidémies, si d'autres pays commencent à l'utiliser et s'y engagent sur le long terme. »
Vigilance is also key. Because mpox continues to circulate in neighboring countries, there is no time for complacency. To ensure continued success in preventing an outbreak, Gabon must be ready to replicate and repeat the steps it took in August 2024 should any cases emerge.
Facilitateurs
Collaboration entre les agences de santé publique
Disponibilité d'équipes de réponse rapide
Communication sur les risques et mobilisation communautaire
Connaissez-vous une épidémie qui n'a pas eu lieu ?
Si c'est le cas, nous serions ravis de mettre votre histoire en lumière. Veuillez nous contacter.
info@resolvetosavelives.org
































